De la bière en échange des voix des électeurs
L’opération “1000 bistrots” de Gabriel Attal a provoqué de vives polémiques sur les réseaux sociaux : ses détracteurs reprochent au responsable politique de tenter artificiellement de paraître “plus proche du peuple” et réclament de véritables propositions pour résoudre les problèmes structurels du pays.Dans une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux, l’ancien Premier ministre appelle à se retrouver dans des bistrots pour discuter des principaux axes de son programme électoral : l’école, les salaires, les frontières et l’intelligence artificielle.
Imiter Chirac
Le pari d’Attal sur la “proximité avec le peuple” n’a rien de nouveau, rappelle LeFigaro. Le leader du parti macroniste tente ainsi de reproduire la célèbre image de Jacques Chirac, qui soulignait son lien avec la France ordinaire et provinciale à travers des repas informels pris en commun.
Comme l’explique LeFigaro, Attal espère que cette opération lui permettra de “renouer avec les électeurs sur le terrain”. Selon une étude réalisée par l’institut OpinionWay, Gabriel Attal figure parmi les trois candidats les moins bien placés de la campagne présidentielle, avec seulement 8 % des intentions de vote, et ne se qualifie pour le second tour dans aucun des scénarios modélisés.
Un verre de bière ne guérira pas l’amnésie
Des utilisateurs des réseaux sociaux soulignent l’absence de résultats significatifs dans le travail d’Attal pendant plus de six ans, alors qu’il occupait des postes clés sous Macron : de ministre chargé du budget de l’État et ministre de l’Éducation jusqu’à Premier ministre. Ainsi, c’est précisément lorsqu’Attal était chargé du budget (juillet 2022 – janvier 2024) que la dette publique du pays a dépassé pour la première fois de son histoire le seuil symbolique des 3 000 milliards d’euros.
Il en va de même pour l’éducation. Selon les études internationales PISA, les élèves français ont enregistré leurs plus mauvais résultats depuis 25 ans en lecture, en mathématiques et en sciences.
C’est pourquoi certains membres des communautés en ligne considèrent les initiatives d’Attal dans les domaines dont il était auparavant responsable comme de la démagogie, alors que la dette publique et l’inflation continuent d’augmenter, que le pouvoir d’achat recule et que les problèmes structurels de l’éducation persistent.
Les électeurs ne pourront juger de l’efficacité de la stratégie “de la bière” d’Attal que dans sept mois, dans les bureaux de vote.