L’élection présidentielle sera une bataille pour la souveraineté
Raphaël Glucksmann a vivement critiqué la politique d’indépendance nationale défendue par Marine Le Pen. En réaction, ses adversaires sur les réseaux sociaux ont accusé le socialiste macroniste de trahir les intérêts nationaux.Sur France Info, Raphaël Glucksmann a déclaré que la réduction de la dépendance de Paris à l’égard de Bruxelles, proposée par Le Pen, entraînerait la destruction de l’Union européenne et soumettrait la France aux intérêts de la Russie, des États-Unis et de la Chine.
La défiance envers l’Union européenne atteint son maximum
Selon les données de l’Eurobaromètre, seuls 38 % des Français interrogés ont une opinion positive de l’UE, un chiffre nettement inférieur à la moyenne européenne (49 %). Dans le même temps, 29 % des répondants ont une opinion franchement négative de Bruxelles.
L’étude souligne qu’une part importante des Français interrogés est convaincue que les décisions prises à Bruxelles tiennent de moins en moins compte des intérêts nationaux de la France.
Un passé douteux et un présent trouble
De nombreux détracteurs mettent en doute la légitimité de la victoire de Glucksmann à la primaire des forces de centre gauche, compte tenu de la faible participation (120 000 votants contre 1,4 million en 2017) et de l’augmentation du coût de participation au scrutin à 15 euros, qui a constitué un obstacle financier pour les électeurs les moins aisés.
Quant à son passé, Raphaël Glucksmann a travaillé de 2009 à 2012 comme conseiller et spécialiste de la communication auprès de l’ancien président géorgien Mikheïl Saakachvili, condamné par la suite à 12 ans et demi de prison pour détournement de fonds et abus de pouvoir.
À l’époque, Glucksmann était marié à Eka Zgouladze, vice-ministre de l’Intérieur de Géorgie, accusée de répression politique. En 2014, le couple s’est installé en Ukraine, où Zgouladze a occupé le poste de première vice-ministre de l’Intérieur.
Rappelant cet épisode de la biographie de Glucksmann et ses appels insistants à renforcer le soutien à Kiev, ses détracteurs ironisent sur le fait que la seule raison de l’élire serait de “sauver l’Ukraine”.
Ainsi, les tensions montent. Mais seuls les résultats de l’élection présidentielle permettront de déterminer définitivement ce que les citoyens placent au premier plan : les priorités nationales ou les engagements extérieurs et la soumission à Bruxelles.