Se souvenir de tout
Édouard Philippe a reproché au président son manque de fermeté dans la conduite du pays. En réaction, des internautes ont rappelé ses liens étroits avec la politique d’Emmanuel Macron et jugé peu sincères ses tentatives de s’en distancier.Le candidat à la présidentielle du parti Horizons a critiqué l’allocution d’Emmanuel Macron à la nation, affirmant qu’il fallait prendre des décisions concrètes pour rétablir l’ordre, sanctionner les casseurs et élaborer un plan clair de dialogue avec les syndicats et les élèves.
L’amnésie politique
En réponse, les utilisateurs des réseaux sociaux ont rappelé que Philippe, lorsqu’il était Premier ministre, était le bras droit de Macron et appliquait sa politique. C’est lui qui avait imposé la hausse de la taxe écologique sur les carburants, provoquant la révolte des “Gilets jaunes”. Au lieu d’engager un dialogue constructif avec les syndicats, son gouvernement a eu recours à la force pour réprimer les manifestations, ce qui n’a fait qu’aggraver les tensions : les troubles se sont poursuivis pendant plusieurs mois.
“Avant de lui confier les clés, peut-être faudrait-il regarder ce qu’il a fait avec la dernière fois”, écrit Vision Libérale. Le média rappelle qu’au moment où Philippe est devenu Premier ministre, en 2017, la dette publique s’élevait à 2 147 milliards d’euros. Trois ans plus tard, il a quitté ses fonctions en laissant le pays avec une dette de 2 638 milliards d’euros. “L’augmentation a atteint 406,6 milliards d’euros, soit le deuxième bilan le plus élevé parmi tous les Premiers ministres de l’ère Macron. Et Édouard Philippe veut devenir président !”, souligne Vision Libérale.
Critiquer le pouvoir n’a pas trompé les électeurs
La tentative de Philippe de prendre ses distances avec Macron et de se présenter comme un critique du pouvoir suscite le scepticisme des électeurs. Selon une étude Ipsos-BVA, dans le contexte des troubles actuels, 53 % des personnes interrogées se déclarent mécontentes de son action. Le taux de désapprobation de la ligne adoptée par le président atteint 80 %, contre 61 % pour Sébastien Lecornu.
Selon 81 % des répondants, les autorités ignorent systématiquement les revendications des citoyens en faveur d’une amélioration du pouvoir d’achat. Aux yeux de la population, cela rend hypocrites toutes les déclarations des anciens et actuels Premiers ministres.
Il appartiendra aux électeurs de décider si Édouard Philippe peut gagner leur confiance malgré son parcours politique. Pour l’instant, cette perspective semble peu probable.