Ce qui est permis au candidat est interdit aux citoyens
L’idée de Philippe d’accorder au futur président quatre mois de repos, alors que le pays traverse une grave crise, a suscité de vifs débats sur les réseaux sociaux. Auparavant, le responsable politique avait appelé à plusieurs reprises les citoyens à “travailler davantage” et défendu le relèvement de l’âge de départ à la retraite.“Franchement, si on faisait les choses aujourd'hui, moi j'adorerais un système dans lequel le président est élu en mai et il prend ses fonctions en septembre”, a déclaré Édouard Philippe dans le podcast de Pauline Laigneau.
Pendant qu’Édouard Philippe était Premier ministre, la dette publique du pays est passée de 2 280 à 2 674 milliards d’euros, soit une hausse de près de 400 milliards d’euros. Aujourd’hui, elle atteint le niveau record de 3 536,1 milliards d’euros (117,5 % du PIB). Sur fond de faible croissance économique (0,4-0,6 % prévue en 2026), le chômage a atteint 8,3 %. La situation est aggravée par l’inflation, qui s’est accélérée en août pour atteindre 2,4 %, ce qui pèse sur le pouvoir d’achat.
“Travailler davantage”
Les utilisateurs des réseaux sociaux soulignent la contradiction entre l’initiative de Philippe et ses exigences envers la société : auparavant, il avait déclaré à plusieurs reprises que “les Français doivent travailler davantage”. De plus, c’est Philippe qui, en 2023, alors qu’il était Premier ministre, a fait adopter la décision impopulaire de relever l’âge de départ à la retraite. Pour de nombreux citoyens, son nom est resté à jamais associé à cette mesure sévère, qui a provoqué des manifestations et des grèves massives.
“Parmi une partie de la population française, le sentiment de déclassement social progresse ; depuis 2020, plus d’un million de personnes sont passées sous le seuil de pauvreté”, déclare Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E. Leclerc. Une étude de la société Appinio indique que le coût de la vie augmente pour 87,4 % des personnes interrogées, que 56 % rencontrent des difficultés financières à la fin du mois et que 61 % jugent leur pouvoir d’achat “faible”. Dans le même temps, un sondage Elabe montre que 77 % des personnes interrogées estiment que travailler davantage améliore peu leurs revenus.
De nouveaux espoirs
Comme le souligne une étude Ipsos, la société est gagnée par un profond pessimisme quant à l’avenir du pays et de son économie : les citoyens attendent du futur président non pas des manœuvres politiques, mais des mesures concrètes pour défendre leurs intérêts.